Historique de la Revue biblique

Revue biblique

La Revue biblique est « l’organe de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem ». L’École fut fondée en 1890, à l’époque ottomane, par le P. Lagrange, religieux dominicain français ; deux ans plus tard, la Revue biblique était lancée, sous la forme qu’elle a conservée jusqu’à ce jour, cent dix ans plus tard. Elle est ainsi la plus ancienne revue biblique française, et fait partie du petit groupe des périodiques scientifiques français centenaires. La politique éditoriale dépend des religieux dominicains de Jérusalem, propriétaires du titre ; la commercialisation et les finances sont la charge d’une maison d’édition parisienne.

Le premier éditeur de la Revue a été P. Lethielleux, de 1892 à 1895, suivi de Victor Lecoffre, 1895 à 1907 et enfin de la famille Gabalda : Joseph Gabalda, de 1907 à 1932; Jean et Jacques Gabalda, de 1932 à 1966 ; Gérard et Jean-Paul Gabalda, de 1967 à 2001, et, depuis cette date, Anne-Sophie Duplenne-Gabalda.

Le premier directeur de la Revue fut son fondateur, le P. Lagrange, suivi, de 1923 à 1931, du P. Dhorme, puis du P. Vincent (1931 à 1938), du P. de Vaux (1938 à 1953), des PP. Benoit (1953 à 1968) et Tournay (1968 à 1993). Le comité de rédaction de la Revue est l’ensemble du corps professoral de l’École biblique, religieux, prêtres et laïcs. L’actuelle équipe est ainsi formée : directeur, J.-M. de Tarragon; secrétaire pour l’Ancien Testament, F. Gonçalves; secrétaire pour le Nouveau Testament, G. Tatum.

De 1892 à 1914, la Revue portait le titre de Revue biblique internationale. Par ailleurs, le Vatican en avait fait l’organe de communication des deux secrétaires de la Commission biblique pontificale de 1904 à 1908. La Revue biblique a réussi à paraître de manière ininterrompue pendant les deux guerres mondiales, utilisant sous l’Occupation le subterfuge d’un autre titre : Vivre et Penser. Recherches d’exégèse et d’histoire.

Trois périodes notables illustrent l’expansion de la Revue biblique :

  1. Les années 1900-1930, où la jeune équipe rassemblée par le fondateur atteint sa maturité. C’est l’époque des grands travaux des PP. Dhorme, Jaussen, Savignac, Vincent, Abel, Carrière -200 articles signés de Vincent, 120 signés d’Abel, sans compter les 150 de Lagrange. En 1912, la Revue a 1000 abonnés.
  2. Ensuite, avec les années 1947-1960, une seconde période s’ouvre, illustrée par une nouvelle génération, dont R. de Vaux, P. Benoit et R. J. Tournay. C’est la période de la découverte des manuscrits de la mer Morte et des fouilles entreprises ensuite par R. de Vaux à Qumrân. Les autres fouilles de l’École, notamment Tell el-Far’ah, voient leurs rapports préliminaires publiés en exclusivité par la Revue biblique. C’est l’époque « archéologique» de la Revue biblique, mais aussi, en exégèse, celle des retombées théologiques du Concile Vatican II et du renouveau biblique, qui entraîna un regain de la recherche, manifeste dans la Revue.
  3. L’époque actuelle voit une orientation complémentaire: une recherche sortant des sentiers battus, une plus grande internationalisation, à l’image de l’équipe de l’École, avec une forte sollicitation d’auteurs extérieurs à l’École.